Concert

Le Barbier de Séville

Cette nouvelle production du Théâtre des Champs-Elysées en décembre 2017 associe Le Cercle de l’Harmonie et Laurent Pelly qui signe la mise en scène, la scénographie et les costumes.

Pour servir cet opéra virtuose, les chanteurs, jeunes, fougueux, talentueux comptent parmi eux, Florian Sempey, le Figaro idéal du moment, l’élégant comte de Michele Angelini, la mutine Rosine de Catherine Trottmann et le Basilio de Robert Gleadow. Laurent Pelly les habille de vécu mais réfute la notion d’époque, les place dans des jeux de partitions géantes sur lesquelles ils deviennent notes de musique, et met ainsi la musique au coeur de la pièce.
Une seconde distribution toute aussi brillante selon les voeux du Théâtre des Champs-Elysées qui, réputé pour la qualité de ces distributions vocales, souhaite également valoriser de jeunes chanteurs à l’orée d’une carrière prometteuse. Le Théâtre des Champs-Elysées a choisi de réunir une seconde équipe constituée de jeunes professionnels très talentueux. Parmi eux Guillaume Andrieux dans le rôle de Figaro, Elgan Llŷr Thomas en Conte Almaviva, Alix Le Saux en délicieuse Rosina, Guilhem Worms en Basilio notamment. Dans les deux distributions, Gaël Darchen dirige le Chœur Unikanti.

Rossini s’insère naturellement dans le projet artistique du Cercle de l’Harmonie, mais d’une manière particulière, comme en miroir du développement du « grand opéra » en formation qui trouvera son apogée avec Wagner. Il existe en revanche une filiation directe entre le style de Rossini et une partie de celui de Mozart, le buffa faisant partie intégrante de l’expression mozartienne. Rossini maîtrise avec maestria un modèle dramaturgique directement hérité de l’expérience mozartienne. C’est un compositeur d’œuvres géniales, extrêmement doué. Il s’inscrit cependant de façon isolée dans une trajectoire linéaire de l’histoire du théâtre lyrique. La dialectique intellectuelle qui sous-tend son œuvre reste ainsi fascinante, car elle s’oppose à un mouvement de réforme plus profond qui anime la pensée de nombreux compositeurs de son temps, comme Beethoven et Berlioz qui proposent une autre alternative dramaturgique et symphonique dont Wagner héritera. Rossini, qui respectait profondément Beethoven, aspire à une écriture plus savante qui lui a peut-être semblé hors de portée dans le cadre de l’opera buffa dont il maîtrise pourtant parfaitement le langage et les codes au point de surpasser tous ses contemporains belcantistes.

Créé à Rome au Teatro Argentina le 20 février 1816, Le Barbier de Séville allait devenir l’opéra de Rossini le plus célèbre et le plus représenté jusqu’à nos jours. Souvent considéré comme son chef-d’oeuvre, cet opéra-bouffe au rythme endiablé constitue une parfaite réussite théâtrale pleine d’allégresse et de virtuosité. Rossini a bénéficié du talent de Cesare Sterbini, un librettiste brillant qui a su adapter avec le maximum d’efficacité une pièce que Beaumarchais avait déjà conçue comme un opéra-comique, Le Barbier de Séville (1775). Sterbini enchevêtre quiproquos, altercations et moult péripéties que le musicien a su traduire avec une intelligence et une vivacité où l’on s’immerge avec délices. De la cavatine de Rosine jusqu’au sextuor avec chœur, tout n’est qu’agitation mais jamais imbroglio. L’on sait que le livret et la partition furent écrits en très peu de temps – 11 jours pour le premier et 16 pour la seconde – et c’est peut-être à cette « urgence » que l’on doit ce chef-d’œuvre baigné de joie et de malice, tant dramatique que musicale.

Le Cercle de l'Harmonie
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